Prairie (re)fleurie
Par tom2 le jeudi, mai 27 2010, 22:06 - Plantations - Lien permanent
J'évoquais dans un billet précédent l'appauvrissement de la flore de nos champs. Il n'y a pas plus de dix ans, dans le pré qui borde mon jardin, je trouvais à la belle saison des coquelicots, du sainfoin, des campanules, des bleuets...
Aujourd'hui toutes ces couleurs ont disparues de mon champs. Seules quelques renoncules et des salsifis des près parsèment de touches jaunes un grand espace d'herbe maigrelette.
Je suis persuadé que cet appauvrissement biologique est dû aux fenaisons de plus en plus précoces qu'effectue mon néanmoins sympathique voisin. Aussi mon sang n'a fait qu'un tour la semaine dernière, lorsque je l'ai vu attaquer le fauchage de la parcelle (nous étions mi-mai!!).
Mon voisin est un type fort sympathique, qui me rend bien service en entretenant ces quelques ares d'herbe gracieusement, mais il est aussi un bon paysan traditionnel, à qui j'aurais été bien en peine d'expliquer toutes mes histoires de biodiversité et de survie des abeilles. D'ailleurs pour lui, s'il n'y a plus de fleurs dans les champs, c'est la faute aux abeilles qui ne butinent plus (alors que personnellement je suis persuadé du contraire : si les abeilles ne butinent plus c'est parce qu'il n'y a plus de fleurs).
Bref, j'étais bien embêté et j'ai dû mentir pour lui faire lâcher prise. J'ai arrêté son tracteur et je lui ai expliqué que j'allais prendre en pension quelques lapins qui auront besoin de foin frais. Il a vite proposé de laisser en l'état une grosse partie de la parcelle, pour que je garde l'herbe. Du coup il m'a laissé environ 200m2 de champs, que je devrai faucher à la main... dès que les fleurs auront grainé et que j'aurai appris à utiliser une faux.
Déjà je vois des marguerites, des trèfles et du lotier prospérer. Avec un peu de chance j'y trouverai d'autres fleurs sauvages avant de tout couper vers fin juin.
J'imagine bien que les coquelicots et les sainfoins ne reviendront pas de sitôt, mais durant mes footing dans la campagne environnante, j'ai déjà repéré quelques champs riches en fleurs sauvages (sans doutes fauchés tardivement, eux) où je compte aller m'approvisionner en graines quand le moment sera venu. Tout cela est un brin artificiel certes, mais je n'ai pas la patience d'attendre des années que les fleurs reviennent d'elles même.
Dernier inconvénient, et non des moindres : pour ne pas perdre définitivement toute crédibilité auprès du monde paysan, je dois maintenant me lancer dans l'élevage de lapins. Et ça, ça n'était pas du tout prévu au programme !
Commentaires
C'est intéressant ton raisonnement. J'ai aussi un espace d'herbes poussant sous un verger. C'est en principe une pelouse, que maintenant je laisse pousser et que je faucherai pour avoir de quoi pailler le potager.
Sauf que j'envisage de faucher avant l'arrivée des graines pour ne pas ensemencer le potager. Mais avec la logique que tu présente ici et à laquelle je suis sensible, me voici aux prises avec un dilemme.
Tu ferais quoi toi ?
Hello Roudou :
J'ai réfléchis à ton problème et je vois deux inconvénients au paillage avec du foin.
Personnellement je tenterais quand même un fauchage tardif, mais en compostant l'herbe ainsi obtenue, mélangée avec des matières sèches (BRF, paille...) pour l'aérer. Si ton composte est bien fait, tu auras stérilisé les graines par chauffage.
Enfin, c'est une solution qui vaut ce qu'elle vaut. A essayer...
Merci Thomas,
Je vais me résoudre à composter le résultat de la fauche tardive. Me reste à bien maitriser la première phase du compostage pour que la montée en température du compost soit suffisament violente et puissante que pour stériliser les graines.
Autre truc que l'on m'a rapporté, c'est de mettre le foin avec les poules qui vont piétiner le foin et picorer les graines. Au bout d'un "certain temps", je racle le résidu bien assaisonné de fientes que je peux mettre alors au compost sans risque.
Seul problème: je n'ai pas encore de poules. Mais ça pourrait changer.
Bonjour Roudou,
ton idée de "poulage" du foin avant compostage me parait excellente, mais je pense qu'elle va rapidement connaître ses limites avec le volume du foin. J'imagine mal mes trois poules venir à bout des nombreux m3 d'herbes que je vais récolter quand je faucherai. Et j'imagine encore moins la taille du tas de composte que cela va produire (où vais-je le mettre ? comment vais-je le manipuler ? que vais-je en faire une fois terminé ?).
Bref, je vais tenter l'experience, mais à petite échelle, juste de quoi recouvrir le sol de l'enclos à poules. Pour le reste du foin, je vais le faire sécher dans ma grange et je le donnerai à mes -futurs- lapins.