J'ai récupéré, à la caisse de Bricomarché, un joli dépliant publicitaire de la marque Bayer, intitulé « Guide Fruits et Légumes «  et sous-titré « Bayer jardin, prend soin de mon jardin ». Le guide en question répertorie les 25 produits de la gamme Bayer Jardin dans un joli poster, et explique leurs compositions et leur mode d'utilisation dans le jardin.

Loin de moi l'idée que ces produits soient dangereux pour la santé et l'environnement, même si les innombrables précautions d'emplois données par l'auteur parleront d'elles même au lecteur attentif, Cependant je lis dans ce fascicule quelques phrases qui, à mon sens, sont sujette à discussion.

Je cite : « Grâce au jardin, vous participez à l'équilibre et la conservation de la biodiversité ». Là je suis d'accord, l'utilisation de variétés de légumes anciennes participe à la conservation de la diversités génétiques. Malheureusement, ce que Mr Bayer ne sait peut-être pas, c'est qu'aujourd'hui un grande majorité des espèces cultivées dans les potagers (et les champs de nos paysans) sont des hybrides issus de laboratoires, incapables de se reproduire naturellement et donc de transmettre leurs gènes. Le rôle de conservatoire de la biodiversité de nos potager en prend donc un coup.

Je poursuis la lecture : « ...le jardin joue un rôle majeur puisqu'il crée un espace de vie végétale dans des zones où il n'en existe parfois que très peu ». Certes, remplacer un green de golf par un potager va faire exploser la biodiversité, mais dans le cas d'une pelouse sauvage je doute que l'on retrouve autant d'espèces différentes au m2 dans nos alignements de salades. Et je ne parle ici que des plantes « supérieures », car diverses études ont montré que les sols des jardins traités aux pesticides et aux engrais de synthèses présentent une biodiversité tendant vers le zéro absolu. Il semble que les millions d'espèces d'organismes vivants dans notre sol ne résistent pas longtemps à ces produits. Et notre « espace de vie végétale », conservatoire de la biodiversité, en prends encore un gros coup.

Je passe rapidement sur le chapitre concernant le rôle d'épurateur de l'eau, du sol et de l'air qui est prêté aux plantes du jardin... l'auteur n'y précise malheureusement pas l'origine des polluants.

Le chapitre suivant, sur le développement durable, est aussi intéressant car on y apprend que le jardinage c'est du développement durable, « puisqu'un jardin s'inscrit dans la durée ». C'est donc ça le développement durable ! : ce sont des choses qui durent (un peu comme les impôts, les guerres et la famine ? ) Mais trêve de sarcasme, c'est vrai, un jardin peu s'intégrer dans la logique du développement durable (c'est ce que je tente d'ailleurs de faire dans le zavajardin), mais je ne pense pas que l'utilisation de produits de synthèses, réducteurs de la biodiversité du sol et issus de ressources naturelles épuisables ne rentrent dans ce cadre. Sur ce point j'aurais aimé que Mr Bayer pousse plus loin ses explications, car j'ai peur qu'il y ai un malentendu sur la notion de développement durable.

Je termine là mes discussions sur ce sympathique docu-publicité, même s'il reste encore beaucoup à dire sur les propos qu'on peut y lire. J'invite juste Mr Bayer à lire les ouvrages passionnants des spécialistes reconnus de la biodiversité, de l'étude des sols et du développement durable, afin de parfaire ses connaissances qui me paraissent quelques peu lacunaires dans ces domaines. Ne serait-il pas regrettable de mal informer les consommateurs par pure ignorance ?