Zavajardin

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mardi, avril 7 2009

Le sol se réveille enfin !

Mes craintes d'avoir définitivement éloigné les vers de terre en mélangeant de la sauge à mon BRF sont éloignées. En plantant quelques vivaces je constate avec joie que le sol est gorgé de vers. Ils s'étaient sans doute enfouis profondément pendant l'hiver et son désormais remontés à la surface. Le sol s'anime doucement d'une vie riche et variée. Outre les micro-organismes invisibles qui sont sans doute présents en grande quantité, je constate la présence d'une grande variété d'insectes et d'arthropodes. Certains forts communs tels les fourmis, les gendarmes ou les araignées chasseuses (pardosa amentata), mais aussi des animaux que j'avais jusqu'à maintenant rarement l'occasion d'observer. Je trouve en particulier un grand nombre de gros acariens rouges prédateurs, c'est sans doute le signe d'une grande quantité de « gibier ». les hyphes fongiques (champignons) sont moins présents qu'aux premiers jours du dégel, mais le sol s'est considérablement asséché en surface. Ma butte de pur BRF ne se composte par rapidement, du moins pas assez à mon goût. Elle est cependant complètement colonisée par du mycélium blanc, mais le processus de décomposition semble long à se mettre en route.

dimanche, mars 15 2009

C'est en se trompant qu'on apprend

Ça pousse ! Premières fontes de neige, et première observations. Après plusieurs mois passés sous la neige, en particulier dans la rocaille, mais aussi autour de mes fruitiers, le BRF est déjà largement colonisé par le mycélium. C'est une bonne nouvelle, cela veut dire que le processus de colonisation est déjà bien entamé et que la faim d'azote (disparition temporaire de l'azote, qui est consommé par les champignons suite à l'installation du BRF) devrait rapidement se terminer. Je prévois quand même un épandage d'azote, surement sous forme d'orties broyées ou de fumier, juste avant les première plantations.

Première grosse erreur ! Les verres de terre semblent fortement apprécier le BRF. Il suffit de soulever un peu la surface pour les y voir en abondance. Mais bizarrement, à certains endroits (la rocaille, le pied de certains arbres...) ils sont pratiquement absents. J'ai trouvé l'explication dans le livre sur le BRF : les verres de terre détestent la sauge et, par malchance, lorsque j'ai épandu mon premier BRF à l'automne dernier, j'avais pris l'initiative d'y mélanger des déchets verts pour compenser la faim d'azote. Et bien entendu, le seul déchets vert dont je disposais à l'époque, c'était des coupes de buissons de sauge ! Les feuilles de sauge étant particulièrement coriaces, elles sont restées intact cet hiver, et encore aujourd'hui leurs fragments sont encore très parfumés. La meilleure solution me semble d'attendre que la sauge soit suffisamment décomposée pour ne plus repousser les verre de terre. En attendant je profite des bienfaits du BRF, mais sans un de leur principal acteur.

Pas de panique, pas de panique !!!

Tous les arbustes bourgeonnent et les vivaces sortent doucement le bout de leur nez dehors. Les plantes à bulbes émergent, ainsi que les anémones, les alchémilles et le sédum. Pas de panique cependant, l'hiver est loin d'être terminée et de sévères gelée et des chutes de neige sont encore possibles. J'ai donc juste lancé mes semis de piments dans la chaleur de ma cuisine.

Pour l'instant la seule chose que je cultive intensément, c'est mon sol.

Le BRF est en route

En brassant hier le vieux tas de BRF commencé en novembre dernier, j'ai constaté deux phénomènes intéressants : Une partie du tas est envahie par du mycélium blanc qui forme de gros agrégats. Cela semble montrer que le long stockage au froid hivernal ne s'est pas accompagné de compostage intensif et n'a pas empêché la colonisation par le mycélium. C'est parfait, cela me permet de bénéficier de BRF «mure» pour le potager; La neige emprisonnée au cours des différentes chutes, entrecoupées de remises à niveau du tas, est restée intacte à l'intérieur. Le BRF semble donc être un excellent isolant thermique, ce qui n'est pas sans poser problème dans ma région où le sol tarde à se réchauffer au printemps. L'incorporation me semble donc indispensable pour contourner ce problème.

Travaux de printemps

BRF par ci, BRF par là... Hier j'ai encore reçu plusieurs mètres cubes de BRF. Du bouleau et de l'érable fraichement broyés. Voyant qu'il fermentait à vitesse grand V (la température au cœur du tas était déjà très élevée le lendemain matin), j'ai décidé de l'épandre aujourd'hui en paillage. J'ai donc mis ce BRF frais sur : un massif de vivaces de mi-ombre (hostas, alchémille, pervenche bleue...); la partie supérieure du potager, plantée de fraisiers encore recouverts de neige; une rangée de framboisiers, l'autre rangée restant nue pour comparaison; les jeunes arbres fruitiers (poirier, cerisier et pommier) plantés l'automne dernier sur un terrain particulièrement pauvre; une partie du potager bêchée et désherbée à l'automne dernier. Pour cette partie c'est une erreur, j'enlèverai ce jeune BRF rapidement (c'est assez simple car il est sur la neige) pour le remplacer par du vieux BRF issu de mon premier tas (voir ci dessous) quelques arbustes fruitiers (cassissiers, groseilliers, groseilles à maquereau), mais pas tous, pour pouvoir comparer. Mon jardin ressemble doucement à un vaste espace de BRF qui, s'il tient toutes les promesses de ce nouveau style de culture, devrait rapidement se couvrir d'une verdure intense.

La butte expérimentale J'ai tellement de BRF que j'ai décidé de mener une expérience encore jamais tentée (du moins pas à ma connaissance). J'ai installé une butte d'un peu plus d'un mètre carré, uniquement composée de BRF, sans un gramme de terre. Autour d'un treillis de branches de tilleul j'ai versé environ 25cm de BRF. Une grosse couche de BRF frais sur le fond et une fine couche de BRF mure sur le dessus. Le but étant d'obtenir un compostage à froid de la couche inférieure, tandis que la couche supérieure se colonisera de champignons et des organisme habituel du BRF. Je compte y repiquer des plantes dans quelques semaines (1 mois je pense). Je commencerai par des fraisiers, puis des haricots grimpants (peu gourmands en azote) et des poireaux. Qui vivra verra...

Compost à l'abri

Mon tas de compost ménagé est gorgé d'eau et gelé en profondeur. Impossible de le brasser pour l'aérer. Pour éviter le pourrissement anaérobie qui le rendrait plus toxique que bénéfique, j'ai décidé de le protéger partiellement de la pluie. J'ai donc construis un abri très sommaire avec une bâche en plastique qui devrait limiter (mais pas supprimer) les pluies printanières sur le tas.

jeudi, janvier 1 2009

Pour situer le zavajardin

Le zavajardin se trouve en Haute-Savoie, au nord des Alpes françaises. Il est situé à 700m d'attitude, orienté à l'ouest, sur un massif calcaire.

Le manque d'eau n'est pas spécialement un problème dans la région, au contraire, c'est plutôt sont abondance et les température fraiches toute l'année qui pourraient nuire aux plantations. Bien entendu il est gelé et couvert de neige une grande partie de l'hiver, et le réchauffement au printemps est parfois bien long à venir. C'est une région d'agriculture traditionnelle de montagne. Un peu l'élevage bovin, mais pratiquement pas de cultures, donc a priori peu de pesticides aux alentours. Jusqu'à maintenant, et depuis quelques siècles (?) le potager était cultivé de manière traditionnel. On y déversait force fumier et parfois quelques granulés d'engrais chimiques chaque printemps. Pas d'insecticides, sinon des granulés contre les limaces qui apprécient une région aussi humide.

On n'y cultive rarement des fruits et légumes du « sud ». Les tomates sont rarement abondantes et les aubergines n'ont pas le temps d'y murir. L'hiver, le romarin, même protégé dans une rocaille, gèle, et les lavandes survivent rarement plus de trois hivers. C'est un pays d'arbres fruitiers, de salades, choux, carottes et épinards, qui ne redoutent pas un bon coup de froid au mois de juillet.

Bref, ça n'est pas une terre et un climats ingrats, mais qui ne les connait pas peut s'attendre à bien des déconvenues.

Manifeste du zavajardin

Pourquoi le zavajardin ?

Au fil des discussions sur la liste de diffusion zavapt un constat peu reluisant s'est imposé à moi : notre mode de vie, notre alimentation et notre civilisation toute entière sont tributaires des ressources gratuites que dame nature concède à nous céder. Ces ressources sont limitées, leur exploitation génère des conflits et leurs utilisation pollue notre environnement et met en danger notre avenir (non, je ne parle même pas de celui de nos enfants, mais bien du notre). Fort de ce constat et de ma conviction que l'humanité tarde trop à réagir face aux crises majeures qui s'annoncent, j'ai décidé d'agir « dans le bon sens ». Et parce que les bonnes idées ne manquent pas, mais qu'elles restent souvent au stade d'idées ou d'essais, j'ai décidé de faire mienne une devise lue dans un livre de Pierre Rabhi « faire ce que je dis et dire ce que je fais ». Ainsi sont nés le zavajardin, lieu d'expérimentation et de réflexion potagère, et ce blog qui propose de faire partager et répandre, sinon la bonne parole, du-moins le fruit de mes expérimentations.

Le zavajardin n'est pas un jardin classique.

Il n'est pas la nouvelle lubie d'un écologiste illuminé. Non, il fait suite à des années de pratiques du jardinage traditionnel, d'observation de la vie qui s'y développe, d'amour des plantes et d'étude de la nature. Fort de mon expérience et des conseils que je glanerai au fil de mes lectures, je devrais pouvoir éviter les pièges les plus grossiers qui guettent chaque néo-rurale qui se lance dans le jardinage, le nez dans un livre et la tête dans les nuages. L'agriculture, fut-elle amateurs, ne se pratique pas à la légère.

Le zavajardin est bien entendu bio, au sens où je n'y utiliserai pas de produits phytosanitaires de synthèse, sauf en dernier recours, jamais je l'espère, et uniquement estampillés bio. Il est durable au sens où, contrairement à beaucoup de producteurs bios, je n'irai pas chercher ailleurs la matière fertilisante qui me permettra de produire mes plantes. Je trouve aberrant de se revendiquer protecteur de la nature quand on épuise des ressources naturelles pour produire des légumes bios ? On ne peux pas espérer cultiver indéfiniment un lieu dont la fertilité se crée au dépend d'un autre. Le zavajardin est aussi durable génétiquement, car il n'utilisera pas (ou le moins possible) de variétés de plantes dites hybrides ou F1. Ces hybrides sont le fruit de manipulations génétiques complexes, uniquement reproductibles en serre-laboratoires et ils maintiennent leurs utilisateurs dépendants des semenciers qui les produisent. Ainsi, dans la mesure du possible, seules les variétés de plantes dites anciennes auront le droit de citer dans le zavajardin. Ces plantes sont le fruits de longues lignées sélectionnées pour leurs qualités. Les semences que je récupérerai en fin de saison seront réutilisée l'année suivante. Enfin il est expérimental car il utilise des techniques peu diffusées, peu étudiées, voir complètement originales. Suivant mes lectures, mes réflexions et mes inspirations, je tacherai de poser un regard critique, non seulement sur les nouveautés riches de promesses, mais aussi sur les techniques de culture ancestrales qu'on voit souvent décriées par les défenseurs d'une agriculture respectueuse de la nature. L'agriculture qui a réussit à nourrir l'humanité depuis 10 000 ans ne peut pas être complètement dénuée de bon sens, mais il faut savoir la remettre en perspectives à la lumière des formidables progrès scientifiques de ces 100 dernières années.

Mais avant tout, et pour conclure cette entrée en matière, je dirais que le zavajardin sera fait de moments de plaisir. Le plaisir de donner la vie en alimentant ses proches, le plaisir d'apprendre comment apprivoiser la formidable machine du vivant, le plaisir de réussir ou d'échouer à produire mes légumes, le plaisir de gouter les fruits de la terre, le plaisir de devoir prendre le temps dans une société qui ne connait plus l'attente... bref, tous les plaisirs qui m'ont toujours fait aimer le jardinage.

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