Zavajardin

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Reflexions, humeurs idée...

De tout et de rien, des idées, des pensées, des impressions.

Tout ce qui ne fait pas pousser les plantes.

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lundi, mai 4 2009

Publicité Bayer

J'ai récupéré, à la caisse de Bricomarché, un joli dépliant publicitaire de la marque Bayer, intitulé « Guide Fruits et Légumes «  et sous-titré « Bayer jardin, prend soin de mon jardin ». Le guide en question répertorie les 25 produits de la gamme Bayer Jardin dans un joli poster, et explique leurs compositions et leur mode d'utilisation dans le jardin.

Loin de moi l'idée que ces produits soient dangereux pour la santé et l'environnement, même si les innombrables précautions d'emplois données par l'auteur parleront d'elles même au lecteur attentif, Cependant je lis dans ce fascicule quelques phrases qui, à mon sens, sont sujette à discussion.

Je cite : « Grâce au jardin, vous participez à l'équilibre et la conservation de la biodiversité ». Là je suis d'accord, l'utilisation de variétés de légumes anciennes participe à la conservation de la diversités génétiques. Malheureusement, ce que Mr Bayer ne sait peut-être pas, c'est qu'aujourd'hui un grande majorité des espèces cultivées dans les potagers (et les champs de nos paysans) sont des hybrides issus de laboratoires, incapables de se reproduire naturellement et donc de transmettre leurs gènes. Le rôle de conservatoire de la biodiversité de nos potager en prend donc un coup.

Je poursuis la lecture : « ...le jardin joue un rôle majeur puisqu'il crée un espace de vie végétale dans des zones où il n'en existe parfois que très peu ». Certes, remplacer un green de golf par un potager va faire exploser la biodiversité, mais dans le cas d'une pelouse sauvage je doute que l'on retrouve autant d'espèces différentes au m2 dans nos alignements de salades. Et je ne parle ici que des plantes « supérieures », car diverses études ont montré que les sols des jardins traités aux pesticides et aux engrais de synthèses présentent une biodiversité tendant vers le zéro absolu. Il semble que les millions d'espèces d'organismes vivants dans notre sol ne résistent pas longtemps à ces produits. Et notre « espace de vie végétale », conservatoire de la biodiversité, en prends encore un gros coup.

Je passe rapidement sur le chapitre concernant le rôle d'épurateur de l'eau, du sol et de l'air qui est prêté aux plantes du jardin... l'auteur n'y précise malheureusement pas l'origine des polluants.

Le chapitre suivant, sur le développement durable, est aussi intéressant car on y apprend que le jardinage c'est du développement durable, « puisqu'un jardin s'inscrit dans la durée ». C'est donc ça le développement durable ! : ce sont des choses qui durent (un peu comme les impôts, les guerres et la famine ? ) Mais trêve de sarcasme, c'est vrai, un jardin peu s'intégrer dans la logique du développement durable (c'est ce que je tente d'ailleurs de faire dans le zavajardin), mais je ne pense pas que l'utilisation de produits de synthèses, réducteurs de la biodiversité du sol et issus de ressources naturelles épuisables ne rentrent dans ce cadre. Sur ce point j'aurais aimé que Mr Bayer pousse plus loin ses explications, car j'ai peur qu'il y ai un malentendu sur la notion de développement durable.

Je termine là mes discussions sur ce sympathique docu-publicité, même s'il reste encore beaucoup à dire sur les propos qu'on peut y lire. J'invite juste Mr Bayer à lire les ouvrages passionnants des spécialistes reconnus de la biodiversité, de l'étude des sols et du développement durable, afin de parfaire ses connaissances qui me paraissent quelques peu lacunaires dans ces domaines. Ne serait-il pas regrettable de mal informer les consommateurs par pure ignorance ?

jeudi, janvier 1 2009

Manifeste du zavajardin

Pourquoi le zavajardin ?

Au fil des discussions sur la liste de diffusion zavapt un constat peu reluisant s'est imposé à moi : notre mode de vie, notre alimentation et notre civilisation toute entière sont tributaires des ressources gratuites que dame nature concède à nous céder. Ces ressources sont limitées, leur exploitation génère des conflits et leurs utilisation pollue notre environnement et met en danger notre avenir (non, je ne parle même pas de celui de nos enfants, mais bien du notre). Fort de ce constat et de ma conviction que l'humanité tarde trop à réagir face aux crises majeures qui s'annoncent, j'ai décidé d'agir « dans le bon sens ». Et parce que les bonnes idées ne manquent pas, mais qu'elles restent souvent au stade d'idées ou d'essais, j'ai décidé de faire mienne une devise lue dans un livre de Pierre Rabhi « faire ce que je dis et dire ce que je fais ». Ainsi sont nés le zavajardin, lieu d'expérimentation et de réflexion potagère, et ce blog qui propose de faire partager et répandre, sinon la bonne parole, du-moins le fruit de mes expérimentations.

Le zavajardin n'est pas un jardin classique.

Il n'est pas la nouvelle lubie d'un écologiste illuminé. Non, il fait suite à des années de pratiques du jardinage traditionnel, d'observation de la vie qui s'y développe, d'amour des plantes et d'étude de la nature. Fort de mon expérience et des conseils que je glanerai au fil de mes lectures, je devrais pouvoir éviter les pièges les plus grossiers qui guettent chaque néo-rurale qui se lance dans le jardinage, le nez dans un livre et la tête dans les nuages. L'agriculture, fut-elle amateurs, ne se pratique pas à la légère.

Le zavajardin est bien entendu bio, au sens où je n'y utiliserai pas de produits phytosanitaires de synthèse, sauf en dernier recours, jamais je l'espère, et uniquement estampillés bio. Il est durable au sens où, contrairement à beaucoup de producteurs bios, je n'irai pas chercher ailleurs la matière fertilisante qui me permettra de produire mes plantes. Je trouve aberrant de se revendiquer protecteur de la nature quand on épuise des ressources naturelles pour produire des légumes bios ? On ne peux pas espérer cultiver indéfiniment un lieu dont la fertilité se crée au dépend d'un autre. Le zavajardin est aussi durable génétiquement, car il n'utilisera pas (ou le moins possible) de variétés de plantes dites hybrides ou F1. Ces hybrides sont le fruit de manipulations génétiques complexes, uniquement reproductibles en serre-laboratoires et ils maintiennent leurs utilisateurs dépendants des semenciers qui les produisent. Ainsi, dans la mesure du possible, seules les variétés de plantes dites anciennes auront le droit de citer dans le zavajardin. Ces plantes sont le fruits de longues lignées sélectionnées pour leurs qualités. Les semences que je récupérerai en fin de saison seront réutilisée l'année suivante. Enfin il est expérimental car il utilise des techniques peu diffusées, peu étudiées, voir complètement originales. Suivant mes lectures, mes réflexions et mes inspirations, je tacherai de poser un regard critique, non seulement sur les nouveautés riches de promesses, mais aussi sur les techniques de culture ancestrales qu'on voit souvent décriées par les défenseurs d'une agriculture respectueuse de la nature. L'agriculture qui a réussit à nourrir l'humanité depuis 10 000 ans ne peut pas être complètement dénuée de bon sens, mais il faut savoir la remettre en perspectives à la lumière des formidables progrès scientifiques de ces 100 dernières années.

Mais avant tout, et pour conclure cette entrée en matière, je dirais que le zavajardin sera fait de moments de plaisir. Le plaisir de donner la vie en alimentant ses proches, le plaisir d'apprendre comment apprivoiser la formidable machine du vivant, le plaisir de réussir ou d'échouer à produire mes légumes, le plaisir de gouter les fruits de la terre, le plaisir de devoir prendre le temps dans une société qui ne connait plus l'attente... bref, tous les plaisirs qui m'ont toujours fait aimer le jardinage.